L’édition parisienne de l’Esports World Cup

La compétition de jeux vidéo, créée en 2024 et financée par le fonds souverain saoudien, s’est terminée dimanche au Parc des Expositions de la Porte de Versailles. Elle a duré sept semaines, comportant 25 tournois sur 24 jeux différents, dont Counter-Strike, League of Legends et Fortnite. Les stars de l’esport, telles que Faker, Niko, Zywoo et même le roi norvégien des échecs Magnus Carlsen, ont participé aux matchs.

Un succès financier et commercial

L’édition 2026 a généré 75 millions de dollars de dotation, une somme colossale qui rend la participation indispensable pour les clubs. Les organisateurs ont vendu 175 000 billets, contre 90 000 lors de l’édition précédente à Riyad. Sur le plan numérique, 850 millions de spectateurs ont suivi les diffusions en ligne, soit une hausse de 13 % par rapport à l’année dernière, tandis que les heures visionnées ont atteint 440 millions, soit une augmentation de 26 %.

Une logistique d’urgence

Les organisateurs ont dû déménager l’événement de Riyad à Paris en moins de huit semaines, en raison de la guerre au Moyen-Orient. Mike McCabe, dirigeant de l’Esports Foundation, a déclaré à l’AFP : « Le simple fait d’avoir lancé cette compétition a été un immense succès : passer de la conception d’un événement à Riyad à la mise en place effective d’un événement de classe mondiale à Paris, en moins de huit semaines, est sans précédent. »

Clôture à la hauteur des attentes

La finale de Counter-Strike s’est déroulée à l’Accor Arena de Bercy, tandis que la cérémonie de clôture a eu lieu au Grand Palais. L’équipe chinoise All Gamers a reçu le trophée devant Emmanuel Macron et Cristiano Ronaldo, sous les yeux du prince héritier Mohammed ben Salmane, en visite diplomatique à Paris. Le Prince Faisal bin Bandar a salué l’événement : « Cet événement a été une réussite. »

Vision 2030 et l’avenir de l’esport

Mike McCabe a expliqué que la Vision 2030 vise à diversifier le PIB saoudien en développant un secteur national pour les jeux vidéo et l’esport. Nicolas Besombes, sociologue de l’esport, a noté qu’« il y a très peu de levées de boucliers ; actuellement, plus personne ne s’exprime publiquement sur le sujet. »

Un événement qui dépasse le sport traditionnel

Les organisateurs ont investi dans des campagnes publicitaires massives dans les rues et les stations de métro, et ont invité des personnalités comme Giannis Antetokounmpo et le chef étoilé Philippe Etchebest. Cette stratégie montre que l’Arabie saoudienne cherche à s’imposer comme une puissance mondiale de l’esport, tout en répondant aux critiques liées aux droits humains.